Existe-t-il un lien entre les enzymes digestives, la fibromyalgie et l’arthrite rhumatoïde ?

Depuis plus d’une vingtaine d’années, de nombreuses études portant sur le mode de vie ont suggéré que la nourriture industrielle et les microbes intestinaux jouaient un rôle déterminant dans les maladies inflammatoires chroniques et auto-immunes.

Quel rôle jouent les enzymes digestives dans ces maladies ? Peuvent-elles réduire la douleur et l’hypersensibilité et redonner de la souplesse aux articulations ?

Le rôle des enzymes

Le rôle principal des enzymes digestives est de digérer les aliments et de les désagréger en minuscules molécules qui traverseront la barrière intestinale et fourniront les nutriments essentiels à votre organisme pour son fonctionnement optimal.

Lorsque nous consommons trop d’aliments que nous n’arrivons pas à bien digérer, des déchets s’accumulent dans notre corps et entravent l’activité normale de nos différents métabolismes; de plus, des réactions immunitaires peuvent s’enclencher.

Selon le Dr Seignalet, éminent clinicien, biologiste et chercheur, les pires ennemis des enzymes digestives seraient des molécules alimentaires provenant de l’alimentation moderne que nos réserves d’enzymes sont incapables de digérer complètement.

L’accumulation de trop nombreuses molécules et de bactéries nocives, favorisées par cet encombrement, mènerait à un dysfonctionnement de l’intestin grêle : l’hyperméabilité. Par conséquent, les molécules non digestives et une abondance de bactéries traverseraient la barrière intestinale, passeraient dans le sang et iraient se loger dans les tissus, de préférence dans les cellules du cartilage et de la synoviale (1) (2).

Chez la majorité des patients atteints de maladies inflammatoires chroniques, une augmentation de la perméabilité de l’intestin grêle a été démontrée. Le dysfonctionnement et le manque d’enzymes digestives seraient les principales causes de l’apparition de ces maladies.

Conséquences d’une mauvaise digestion

Voici les conséquences les plus probables et fréquentes d’une mauvaise digestion :

  • Des bactéries nocives encrassent l’intestin et altèrent la barrière intestinale.
  • Ceci entraine des réactions immunitaires, l’hyperméabilité de l’intestin et le côlon (intestin) irritable.
  • L’hyperméabilité permet le passage excessif des mauvaises bactéries et des molécules non digérées à travers la barrière intestinale.
  • Ces bactéries et molécules s’accumulent dans les tissus et les articulations.
  • Ceci entraine une réaction inflammatoire et la destruction des cellules du cartilage, de la synoviale et des tissus conjonctifs.
  • La douleur, la réduction de la mobilité articulaire et la dégénérescence articulaire s’ensuivent.
  • S’ensuivent aussi les maladies articulaires, auto-immunes, et la fatigue chronique.
La fibromyalgie et le manque d’enzymes digestives

Le lien entre la fibromyalgie et le syndrome de l’intestin irritable est bien démontré, par le fait qu’entre 30% et 75 % des patients souffrants de fibromyalgie présentent des symptômes de l’intestin irritable (3).

L’hypersensibilité physique chez les patients atteints du syndrome du côlon irritable, de la fibromyalgie ou des deux peut être induite par une croissance excessive de bactéries dans l’intestin et une microflore intestinale dysfonctionnelle (4).

L’intensité des douleurs serait en corrélation avec le degré de surcroissance des bactéries de l’intestin grêle (5).

La fibromyalgie est généralement liée à une augmentation de la perméabilité de l’intestin (6).

Cette hyperméabilité est en étroit rapport avec le développement de la fibromyalgie, puisque les substances alimentaires ou bactériennes traversant la muqueuse intestinale seraient mises en contact de façon anormale avec le système immunitaire intestinal et extra-intestinal (7).

La polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante et le manque d’enzymes digestives

Les maladies auto-immunes ont deux composants : génétique et environnemental. Il est reconnu que les individus qui possèdent un antigène spécifique dans leurs cellules sont sujets à développer ces maladies. Cependant, il faut aussi un facteur déclenchant provenant de l’environnement pour qu’elles se développent.

Des chercheurs ont montré que certains types d’infections de bactéries intestinales pouvaient agir comme facteur déclenchant et entrainer la formation de molécules qui s’attaqueraient au collagène des articulations.

Le Dr T. Colin Campbell, un chercheur mondialement connu dans le domaine de la nutrition explique : « Pendant que nous digérons, certaines protéines se glissent dans le sang à partir de nos intestins avant d’avoir été totalement désintégrées en acides aminés. Ces protéines non digérées sont traitées comme des envahisseurs par le système immunitaire qui enclenche le processus auto-immun d’autodestruction. »

Que pouvez-vous faire pour aider à réduire la douleur et retrouver la souplesse ?

Pour conserver votre intégrité physique et physiologique, votre organisme doit mettre en œuvre des stratégies qui lui permettent d’éviter d’être envahi par des molécules ou des organismes étrangers.

Une des meilleures façons d’y parvenir est de vous assurer de manger des aliments frais et d’avoir un apport extérieur d’enzymes digestives en quantité suffisante. Les personnes qui ont suivi ces conseils ont beaucoup amélioré leur condition.

Avoir une meilleure digestion permet à votre organisme de :

  • conserver l’intégrité de la barrière intestinale
  • empêcher les bactéries nocives et les aliments qui n’ont pas été complètement digérés de traverser la barrière
  • permettre au corps de reprendre le dessus et de se débarrasser des toxines et molécules qui se sont logées dans les tissus et les articulations.

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Références consultées

1. Dr Jean Seignalet. L’alimentation ou la troisième médecine. Édition du Rocher. Juin 2012.

2. Jacqueline Lagacé, Ph.D. Comment j’ai vaincu la douleur et l’inflammation chronique par l’alimentation. Éditions Saint-Martin, septembre 2012.

3. W. Whitehaed, O. Palsson et K. Jones, « Systematic review of the comorbidity of irritable bowel syndrome with other disorders : What are the causes and implicationÉ » Gastroenterology, vol. 122, 2002, p. 1140-1156.)

4. (M. Othman, R. Aguro et H. C. Lin, « Alterations in the intestinal microbial flora and human disease » Curr Opin Gastro-enterol, vol. 24, 2008, p. 11-16.)

5. (M. D. Pimentel, D. Wallace, D. Hallegua et al., « A link between irritable bowel syndrome and fibromyalgia may be related to findings on lactulose breath testing », Ann Rheum Dis, vol. 63, 2004, p. 450-452.)

6. A. Goebel, S. Buhner, R. Schedel et al., « Altered intestinal permeability in patients with primary fibromyalgia and in patients with complex régional pain syndrome », Rheumatology, vol. 47, 2008, p. 1223-1227.

7. T. T. MacDonald et G. Monteleone, « Immunity, inflammation, and allergy in the gut », Science, vol. 307, 2005, p. 1920-1925.

8. D. D. Adams, J. G. Knight et A. Ebringer, « Autoimmune diseases : Solution of the environnemental, immunological and genetic components with principals for immunotherapy and transplantation », Autoimmum Rev, vol. 9, 2010, p. 525-530.

9. T. C. Campbell et T. M. Cambell, Le Rapport Campbell. Révélations stupéfiantes sur les liens entre l’alimentation et la santé à long terme, Outremont, Éditions Ariane, 2008, 488